L’île de May est située au large de la côte est de l’Écosse, près de la ville d’Anstruther. C’est une réserve naturelle qui abrite plus de 200 000 oiseaux marins en période de nidification. Une colonie de phoques gris y a également élue domicile. Il s’agit donc d’un site incontournable pour les ornithologues amateurs passionnés, et pour les amoureux de la faune plus généralement. Par quel moyen peut-on se rendre sur l’île et comment y observer les oiseaux ? C’est ce que nous allons voir ici.
Sommaire de l’article
Accéder à l’île de May
Il y a deux points de départ possibles pour se rendre sur l’île de May :
- Depuis Anstruther à moins de 10 km : en petit ferry (100 personnes) ou en zodiac rapide
- Depuis North Berwick à environ 20 km : en zodiac rapide
Nous avons opté pour la solution du ferry, le May Princess, à partir d’Anstruther. C’est le moyen le plus économique (comptez quand même 38 £ par adulte, soit 45 €), et le plus emprunté également. L’excursion dure entre 4 h 30 et 5 h, dont 2 h 30 à 3 h sur l’île. Les horaires dépendent des marées, et varient donc d’une journée à l’autre. Le May Princess ne fonctionne qu’entre avril et fin septembre, période la plus propice à l’observation des oiseaux. Réservez bien à l’avance sur le site du May Princess, les places partent vite en haute saison. Gardez aussi à l’esprit qu’en cas de mauvaise météo le tour peut être annulé.
Petit conseil personnel : si vous êtes sujet au mal de mer, prenez vos dispositions. Il ne faisait pas trop moche quand on a quitté le port, et globalement, le temps s’est maintenu pendant notre trajet. Mais le bateau n’est pas très grand et la mer ne se laisse pas faire, surtout à l’approche de l’île. Je ne suis pas particulièrement sensible au mal de mer, ma moitié non plus, mais on avait hâte de descendre de ce bateau.


Top 5 des oiseaux qui cohabitent sur l’île de May
Notre premier souvenir de l’île de May sera une attaque de sterne arctique qui défendait son nid. Car oui, même si les macareux sont les stars incontestées de l’endroit, ils partagent le site avec plein d’autres espèces. En voici 5 incontournables, plus ou moins faciles à observer (et à photographier du coup) :
- Les pingouins torda (Alca torda) : la seule espèce de pingouin encore en vie actuellement. Ils sont splendides, avec leur petit smoking noir et blanc et leur liseré blanc sur le bec. Ils nichent sur les falaises et sont présents en nombre sur l’île.
- Les guillemots de Troïl (Uria aalge) : ils sont souvent confondus avec les pingouins mais, exceptées les couleurs, ils n’ont pas vraiment de points communs. Il y en a beaucoup sur l’île également, mais ils se postent sur les rochers plus près de l’eau, et sont donc plus éloignés des chemins.
- Les sternes arctiques (Sterna paradisaea) : déjà mentionnées plus haut, les sternes seront probablement les premières à vous accueillir, mais pas forcément avec courtoisie. Elles ont plusieurs sites de nidification, à même le sol, un peu partout sur l’île. L’un d’entre eux est situé juste à côté de la zone d’amarrage du bateau. Elles n’hésiteront pas à défendre leur nid en vous attaquant à coup de bec en volant. Sympa à observer, mais de loin.
- Les fous de Bassan (Morus bassanus) : pour être honnêtes, ils sont surtout observables lors du trajet en bateau. Ils volent et plongent à pic dans la mer pour pêcher, c’est ainsi qu’on les reconnait de loin. J’adore ces oiseaux, je les trouve majestueux en vol. Nous n’en n’avons pas observés directement sur l’île et mes photos ne leur rendent pas justice.
- Les macareux moine (Fratercula arctica): ceux que vous attendiez le plus. Ceux qui vous ont fait faire ce trajet en bateau sur une mer parfois peu conciliante. Ceux qui rendent l’instant magique. Leur nombre est impressionnant, et avec leur bec coloré et leur allure de clown, vous ne pourrez pas les louper.




Ce ne sont évidemment pas les seuls oiseaux que l’on peut croiser sur l’île. Cormorans, goélands, mouettes, huîtriers pie, fulmars (si vous êtes chanceux et observateurs), sont visibles dans différentes zones du site. Quelques lapins y ont également élus domicile. Promenez vous sur les chemins, il y a du beau monde à voir.
Quelques conseils pour observer les oiseaux de l’île de May et faire vos plus belles photos
Je m’adresse ici aux photographes un peu néophyte, comme moi. Lors de ma visite de l’île, j’avais avec moi un appareil photo hybride (capteur micro 4/3 pour les plus spécialistes d’entre vous), et deux objectifs : un 14-42 mm, et un téléobjectif 75-300 mm. Si je me souviens bien, j’ai utilisé mon téléobjectif pour la quasi totalité des photos de cet article, mais réglé sur le minimum. Donc ne vous inquiétez pas si vous n’avez pas le dernier gros zoom à la mode qui coûte un rein. Je ne dis pas qu’il ne fera pas de belles photos, mais ça ne sert à rien de vous ruiner pour être sûr d’obtenir de beaux clichés sur l’île de May.
Les oiseaux sont habitués à voir des gens. Les chemins sont très bien balisés, et donc ils savent que personne ne va s’approcher trop près, ne va essayer de les toucher, ne va les déranger. Ils sont donc relativement proches de vous, font leur vie tranquillement, vont pêcher, reviennent, se posent, etc. J’ai même plusieurs fois été obligée de me reculer pour ne pas avoir certains oiseaux en trop gros plan, parce qu’ils étaient à proximité du chemin et qu’on ne voulait pas les embêter. Ce sera évidemment un peu plus compliqué pour les oiseaux en vol, même si, avec les téléphones d’aujourd’hui, presque tout est possible.
Baladez vous sur toute l’ensemble de l’île. Vous avez le temps, et certains spots sont plus propices à l’observation de telle ou telle espèce d’oiseau. Si vous parlez bien l’anglais, n’hésitez pas à demander aux guides présents sur le bateau, ils font le trajet presque chaque jour et pourront facilement vous renseigner.



Vous l’aurez compris, l’île de May est un incontournable pour les amateurs d’avifaune et de photographie animalière. Pouvoir approcher ces oiseaux dans leur habitat naturel, et les observer sans les déranger, c’est magique. Si vous avez tenté l’aventure, venez me dire en commentaire quelle espèce a été votre coup de cœur (et si vous avez bien vécu ce petit trajet en bateau…).
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Bonjour, merci pour votre article. Je me rends en Ecosse en mai et j’ai organisé un road trip assez serré. Le jour que j’ai consacré à l’île de May est, par malchance, le jour où il n’y a pas de « landing trip » sur l’île, seulement un tour en bateau autour de l’île. A votre avis, est ce que cela vaut quand même le coup, ou mieux vaut il renoncer au projet ?
Merci d’avance.
Bonjour Margaux,
Merci pour votre commentaire 🙂
Alors je dirais que ça dépend de votre capacité à supporter le mal de mer, et votre envie de voir les oiseaux de près ou non. Si vous tenez absolument à approcher les oiseaux, ou si vous n’êtes pas habituée/équipée pour les prendre en photo de loin et que c’est ce que vous voulez, laissez tomber ou vous allez être déçue. En restant dans le bateau, vous verrez des oiseaux, sans aucun doute. Il y en avait plein quand on approchait de l’île : des fous de Bassan, des macareux, des pingouins, etc. Mais le bateau bouge pas mal (c’était le cas pour nous), et les oiseaux restent majoritairement sur les falaises de l’île. Donc, si vous n’avez pas un bon appareil stabilisé avec un bon téléobjectif, ce sera compliqué pour les photos. Par contre, si votre envie c’est juste de voir plein d’oiseaux dans leur milieu naturel, et que vous n’avez pas facilement le mal de mer, foncez ! L’île est assez impressionnante et en mai, vous verrez beaucoup d’espèces différentes.